En quelques années, le distributeur de métaux Wauters, près de la rue Heyvaert, a perdu son personnel féminin. Pas à cause d'une mystérieuse maladie, ou parce qu'on y serait macho. Pour Marc Wauters, son administrateur, la raison est bien plus simple: la peur.
“ Les femmes ne veulent plus s'aventurer à travailler dans le quartier. Trop de difficultés à se parquer, trop de remarques ou de moqueries sur le trottoir ”. Des problèmes dûs à l'invasion de la rue par les véhicules d'occasion, qui occupent tous les parkings. Y compris ceux de police. Des véhicules sur lesquels on bricole en groupe et à longueur de journée. “Beaucoup de femmes n'osent pas rouspéter. Elles ont trop peur de venir: c'est ce que m'ont dit des travailleuses en partant ”. D'où ce coup de gueule d'un entrepreneur ayant pignon sur rue. “ Cela fait 83 ans que nous sommes ici. Nous sommes fidèles au quartier, mais la commune ne nous encourage pas à rester ”.
Du coup, Wauters n'a plus que 50 ouvriers masculins, et n'arrive plus à recruter des femmes “ tout aussi compétentes ”.
La fuite de la main-d'œuvre féminine n'est pas le seul problème des entreprises. Wauters a dû aussi engager un garde privé, pour préserver ses aires de livraison et ses parkings. C'est pourtant le boulot de la police, “ mais chaque fois qu'on téléphone à l'antenne de police (à 50 mètres!) on a deux réponses: “ Pas le temps ” ou “ Pas notre boulot! ”.
Des Récalcitrants
D'où ce recours au gardiennage privé, qui se passe bien... en général. “ Le plus souvent, les gens ne sont pas agressifs. Il faut leur rappeler la règle, et ils dégagent. Mais je ne vous cache pas que parfois, il y a des récalcitrants et on s'explique dans un coin ”.
Marc Wauters n'est pas seul à avoir marre de ce climat d'insécurité. Il fait cause commune avec des habitants, dont Kamal El Bouchtili. Il a déjà envoyé des pétitions à la commune, pour demander une lutte plus ferme contre les garages sauvages. “ Il y a eu un effort: une centaine de garages a fermé. Mais il y a du relâchement: beaucoup rouvrent “ en stoemelings ”.
Par exemple, le 119, inhabitable et dangereux, a été fermé par la commune. Pourtant il est occupé aux étages et, au rez, un garage d'occasions a rouvert! En toute impunité, comme celui qui s'est réinstallé au 43, rue de Liverpool. Or, la cellule garages de la commune l'avait fait fermer il y a quelques mois.
“ Il n'y a pas de suivi de la police ou de la commune. Ce que nous demandons, c'est de simplement faire respecter les règlements ”.
Kamal El Bouchtili partage le coup de gueule de M. Wauters. J.J.
Source: La Capitale, le 20 février 2009, page 9
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